Le FIJ, c'est des rencontres enthousiasmantes, des pitchs à n'en plus finir, mais aussi de rares fois où j'ai pu m'asseoir à une table pour essayer quelques jeux présentés. Je ne pouvais donc pas décemment fermer la page de cette édition 2025 sans vous parler rapidement de quelques titres à venir que j'ai pu manipuler de mes doigts talentueux (NDLR : J'ai gagné une partie sur la quinzaine de jeux essayés durant mes trois jours).
Hutan
Présenté en grande pompe sur le salon (de nombreuses tables de jeux disponibles), Hutan a sur le papier tout pour séduire le grand public : Un thème vendeur (planter une forêt tropicale), un matériel alléchant (avec plein d'arbres 3d et de meeples animaux mignons), et de la draft ouverte d'éléments qui permet de proposer un gameplay facile d'accès en obligeant les joueurs à se regarder.
Je vous avouerai que l'on a été légèrement déçu par la prise de décision un peu trop évidente (à cause de conditions de pose et de scoring assez dirigistes). Mais les parties restent ultra dynamiques, le jeu reste plaisant et on se sent concerné jusqu'au bout. Et puis la boîte intègre un module additionnel qui peut rendre l'expérience un peu plus consistante pour ceux qui adorent optimiser des grilles jusqu'à la lie.
Paper World
Comme beaucoup, j'ai été littéralement attiré à la table du jeu par la boîte de Paper World juste fabuleusement belle. Le problème, c'est qu'en partie, l'annonce d'un voyage ludique incroyable ne tient pas ses promesses, avec un gameplay abstrait certes très fonctionnel mais qui perd beaucoup d'intérêt une fois toutes les médailles des objectifs communs distribuées (NDRL : Gros souci d'ergonomie d'ailleurs avec l'absence d'un code couleur qui rend compliqué le suivi des récompenses récupérées).
Dommage aussi que le jeu n'aille pas au bout de son concept, en offrant par exemple des conditions de scoring additionnel via l'organisation des types de paysages. Cela lui aurait donné plus de personnalité et de consistance globale. Et peut-être déclenché chez nous l'envie d'y revenir au moins une fois à l'avenir ...
Sail
Réussir à guider un bateau dans une mer déchainée sans pouvoir communiquer, et ce en enchaînant des plis activant certains effets selon le vainqueur et les icônes présents sur les cartes : Le pitch de Sail m'avait vraiment hypé ... jusqu'à ce que je le teste à Cannes.
Car tout ici nous a semblait bien moins intéressant qu'espéré, de la déduction des intentions de son coéquipier un peu trop aisée (et frustrante quand on a pas les bonnes cartes en main), d'une dynamique de manche à gérer pas si excitante que le thème laisse transparaître, et de cartes à l'intérêt disparate qui va souvent vous donner envie de jouer les mêmes icônes.
J'admire la conception générale, certaines idées de gameplay sont très intéressantes. Mais on est loin de la tension que peut générer des maîtres du genre coopératif à communication limitée comme The Crew ou Sky Team. Et le dernier gros hic ici, c'est que le contenu de la boîte est assez pauvre, avec un système de scénarios qui ne va pas plus loin que rajouter quelques obstacles de plus sur la map globale ...
Time Trouble
J'aurai vraiment adoré vous louer Time Trouble si j'avais au moins pu définir ... pour qui le jeu est destiné. Car clairement, ce n'est pas du tout un titre familial comme annoncé, tellement le temps très limité rend la prise de décision compliquée, chaque carte mal choisie peut détruire votre partie. Car indiscutablement, il rentre dans la catégorie des jeux coopératifs qui ne favorisent pas du tout l'entraide et la cohésion d'équipe, en offrant trop facilement le lead à un joueur alpha (sans mentir j'ai du passer 3/4 de ma partie en regardant ma tablée s'égosiller, sans pouvoir interagir avec le jeu).
Et c'est dommage. Car si la DA a laissé de marbre beaucoup de mes compagnons, moi j'ai vraiment été séduit par sa débauche de couleurs et de personnages funs. Car si le gameplay rate vraiment de donner de l'importance à chaque joueur, j'ai vraiment trouvé la mécanique d'activation (par la superposition de cartes translucides) fraiche et riche en possibilités. Ach so (comme on dirait chez moi)...