Avec La Traversée du Désert, redécouvrez ce grand classique du Dr Reiner Knizia, où vous devrez constituer les plus grandes caravanes de chameaux ... à travers oasis et points d’eau !
Knizia, le boss(e)
Avec plus de 800 jeux à son actif, Reiner Knizia est l’auteur de jeux de société le plus prolifique. Vous connaissez peut-être son nom grâce à Rebirth, jeu sorti en fin d’année dernière et nominé à l’As d’or. Ces jeux utilisent généralement une mécanique simple mais profonde. La Traversée du Désert est une réédition du jeu du même nom, sorti en 1998 et vous invite à guider vos caravanes à travers le désert afin de sécuriser des territoires et marquer des points de victoire. Lors de la mise en place, on pose des palmiers en plastique sur les cases oasis de la carte puis des tuiles de 1 à 3 points sur les points d’eau. Cela donne une configuration nouvelle à chaque partie pour une meilleure rejouabilité.
Chaque joueur dirige 5 caravanes, identifiées par des chameaux de couleurs différentes et un guide de sa couleur. Chacun va positionner à tour de rôle ses guides sur la carte hexagonale. Ils seront les points de départ des caravanes. Ce placement initial déclenche déjà des discussions autour de la table afin de se réserver les meilleurs emplacements, près des oasis, des meilleurs points d’eau et loin des autres. Puis, chaque joueur va placer deux chameaux adjacents à ses caravanes afin d’en agrandir une ou deux pour rallier points d’eau, oasis ou bloquer ses adversaires. Attention, vous ne pouvez pas vous placer à côté d’une caravane adverse de la même couleur de chameau !
Votre but est de marquer des points de victoire que vous obtenez en vous plaçant sur les points d’eau (1 à 3 points), en vous connectant aux oasis (5 points) et en “fermant” des terrains au bord de la carte ou près des montagnes centrales (1 point par case vide).
La tension est palpable car on ne peut pas tout faire, ce qui entraîne des choix cornéliens et une interaction forte avec les autres joueurs. De plus, le jeu se termine dès qu’une couleur de chameau n’est plus disponible. En fin de partie, la caravane la plus grande de chaque couleur rapportent 10 points supplémentaires et les territoires sécurisés 1 point par case vide en leur sein. Le joueur avec le plus grand nombre de points de victoire remporte la partie.
Privé de désert
La Traversée du Désert est un jeu de placement très interactif et tendu comme Knizia sait les faire. Les tours de jeu sont rapides et s'enchaînent vite.
La thématique est bien servie par un joli matériel : de petits chameaux en plastique coloré, des figurines d’oasis, du punchboard de qualité et une belle carte du désert recto-verso.
Malgré cela, ce jeu est un jeu abstrait qui pourrait s'apparenter au Go dans sa mécanique de placement et de réservation de territoires. Il pourrait ne pas plaire à tous. De plus, l’interaction entre joueurs est forte, ce qui en rebute certains, préférant les jeux où chacun se développe dans son coin. Ici, chaque placement de chameau va générer "chouinements" et commentaires.
Jouable de 2 à 5 joueurs, il sera plus tactique à 2 et plus chaotique à 5. Il révèle son plein potentiel à 4 joueurs, pour un désert pas si désert que ça.
Régulièrement réédité à travers le monde, c’est un grand classique indémodable, qui offre plaisir et réflexion, en famille ou entre amis. Les règles s'expliquent en 5 minutes et la partie se termine en moins d’une heure.
Le plateau propose une deuxième face de nuit, du plus bel effet visuel, en ajoutant une rivière (l’oued) et une nouvelle manière de marquer des points en franchissant cette dernière.
Au vu du succès de Rebirth, dont il est un fier parent, et de son prix, ce jeu mérite votre attention si vous aimez les jeux de placement et l’interaction qu’il propose.
Soyez pas chameau
J’avoue adorer ce style de jeu, aux règles simples donc facile à sortir et d’une certaine profondeur. Dois-je placer un chameau dans cette caravane, dans une autre, pour prendre le point d’eau, pour me rapprocher d’une oasis, pour bloquer un adversaire ou pour agrandir cette caravane et viser les points de victoire finaux ? Que de dilemmes pour un chameau !
Je lui trouve une jolie présence sur table avec un joli plateau, ses oasis et chameaux en plastique. Le jeu est lisible mais il faut pouvoir distinguer les couleurs, rien n’est prévu pour les daltoniens.
Malgré cela, ce jeu est fort proche d’un jeu abstrait et le thème est anecdotique. Il est très agréable à sortir de temps en temps, simple et efficace, pour varier les plaisirs.
