Similo
Pas simple de sortir du lot dans la phlétore de petits jeux fun et sans prise de tête à jouer le dimanche après midi après le repas en famille (ou entre deux pintes de sirop avec des amis).
Similo, le petit dernier Horrible Guild, a de quoi tirer son épingle du jeu, avec son format de poche passe partout et son principe simple mais terriblement efficace. Mais est-ce suffisant ?
The Mysterium Dixit Key
Similo se présente sous la forme d'un petit jeu de trente cartes, plutôt très joliment illustrées, qui ne va pas s'en rappeler les classiques du genre (des indices dans le sous titre), et surtout One Key dans son principe global.
Au début du jeu, un joueur est désigné donneur d'indices. Il pioche douze cartes, en choisit une secrètement dans le cerveau de sa tête, puis les disposent toutes selon une grille de 4x3 cartes à la vue de tous (en se cachant bien de dévoiler laquelle est l'heureuse élue, sinon il n'y a plus d'intérêt).
Lors de chacun des cinq tours, ce joueur pioche cinq cartes et doit se servir de l'une d'entre elles pour donner un indice à ses coéquipiers, en la placant devant lui soit horizontalement, soit verticalement.
Le message est clair : Si la carte est placée verticalement, cela indique qu'une caractéristique de cette carte correspond à celle de sa carte mystère, alors que si la carte est placée horizontalement, c'est tout le contraire.
Tous les tours se déroule de la même manière. La seule variante, c'est le nombre de cartes que les joueurs vont devoir retourner (éliminer) après cela. S'ils ne doivent en éliminer qu'une après le premier indice, c'est deux au tour suivant, puis crescendo jusqu'au duel 50/50 de fin de partie.
Pour que les tous les joueurs gagnent, il ne doit plus rester visible au centre de la table que la bonne carte mystère. Les discussions sont donc vives, la tension est présente jusqu'au bout, car une erreur (même minime), est c'est la défaite instantanée !
Un sans faute... sauf le principal
Similo est vraiment pétri de qualités : Un prix rikiki ; Une édition compacte et particulièrement bien soignée ; Un concept qui ne réinvente certes pas la roue, mais qui le fait bien ; Des parties ultra rapides (10 minutes max), rythmées et souvent drôles. Non, il n'y a rien à redire, Hjalmar Hach, Pierluca Zizzi, Martino Chiacchiera, les trois auteurs derrière le jeu, ont trouvé la recette gagnante, et Similo trouvera sans nul doute adhésion sur de nombreuses tables.
Mais.
Le jeu est sorti sous trois versions distinctes : Similo Contes, Similo Mythes et Similo Histoire. La première, contenant uniquement des personnages de dessins animés, est tout bonnement excellente.
La grande idée, c'est d'avoir repris ces personnages de Disney, des Contes de Perrault, ... connus de tous, et il est impossible de ne pas prendre un réel plaisir de jouer avec, que l'on soit petit ou grand. Universel, fédérateur, c'est la version à posséder. De loin.
Car il est difficile d'être aussi positif avec les deux autres éditions, beaucoup plus complexes à appréhender et nécessitant, elles, une vraie culture générale "scolaire". A moins de jouer avec des profs de lettres et d'être soi même historien Bac + 12, il y a de grandes chances que vos parties de Similo ressemblent d'avantage à un remix de "Qui-est-ce" (vous savez, le jeu où il fallait retrouver un personnage via des traits physiques), surtout si vous jouez avec des plus jeunes.
Bien sûr, il en faut pour tous les goûts, et ce n'est pas inintéressant de proposer des versions plus "adultes", surtout que les auteurs ont pensé aux moins érudits en intégrant des petites bios explicatives sur le côté de chaque carte (pour vous éviter de confondre un empereur romain ou un dieu grec avec un ministre de la cinquième république comme moi, par exemple). Mais clairement, on perd 150 degrés sur l'échelle de Frank Dubosq (pour ma part), et je ne suis pas certain que les boîtes jaune et grise fassent autant l'unanimité que la petite boîte verte.
Au final, avec un pouce levé sur seulement une des trois boîtes, pas simple de noter vraiment le concept, car la forme y est (sans aucun doute), mais vraiment pas le fond. Reste à attendre de futures extensions (et d'autres thèmes) qui ne manqueront pas de fleurir dans les prochains mois, tant le principe (universel) peut se décliner à l'infini.

