Biiiizzz biiiizzzz... Entendez-vous le bourdonnement des abeilles qui s'activent pour récolter délicatement le nectar des fleurs ? Dans Propolis, chaque joueur prend le contrôle d'une colonie d'ouvrières bien décidées à bâtir la plus belle des ruches.
Sous ses airs de gestion bucolique et colorée, le titre cache un jeu de pose d'ouvriers et de majorités ultra-classique. Préparez-vous à optimiser vos récoltes car dans la nature, seule la reine la plus efficace sera couronnée !
L'essaimage
On commence par disposer les cartes Paysage en rangées dont la taille s'adapte au nombre de joueurs.
Chaque participant récupère son plateau individuel ainsi qu'un fier essaim de 12 abeilles en bois. Au centre, on installe le plateau principal nommé le Garde-Manger, au-dessus duquel on aligne les 10 cartes Bâtiment et les 5 cartes Palais Royal disponibles pour la partie.
Pour lancer les hostilités, chacun reçoit un bâtiment de départ. Celui qui affiche le plus gros chiffre décroche le rôle de premier joueur.
Le jeu est très accessible. À son tour, on peut effectuer jusqu'à 5 actions possibles pour faire prospérer sa colonie :
Poser une ou plusieurs abeilles sur une carte Paysage pour en récupérer immédiatement les précieuses ressources.
Renforcer sa présence en couchant une ou deux abeilles déjà en place sur une ou des cartes Paysage pour récolter à nouveau les ressources correspondantes.
Récupérer ses ouvrières pour les remettre dans sa réserve.
Construire un bâtiment de la réserve centrale en payant son coût.
Construire un Palais Royal (limité à un seul et unique exemplaire par joueur pour toute la partie).
Toute la boucle de jeu repose sur l'accumulation de 5 types de ressources différentes. Celles-ci permettent de bâtir des structures qui, à leur tour, débloquent l'accès aux prestigieux Palais.
La course prend fin dès qu'un joueur parvient à aligner un total de 10 bâtiments devant lui. On termine alors le tour de table en cours pour que tout le monde ait joué le même nombre de fois puis on passe à l'inventaire. Les joueurs marquent des points grâce aux effets combinés de leurs bâtiments et aux ressources résiduelles stockées sur leur plateau. Sans surprise, le plus gros score l'emporte.
Du classique bien assemblé
Propolis propose une expérience ludique où la mécanique colle parfaitement au thème de la ruche. Tout le sel du jeu réside dans la gestion de ses troupes. Il faut constamment jauger le bon moment pour envoyer ses abeilles au charbon, les renforcer ou les rapatrier.
En effet, dès toutes les cartes Paysage d'une rangée dispose d'au moins une abeille, on vérifie qui détient la majorité absolue d'abeilles sur place. C’est là que le système de renforcement devient crucial. Lors du calcul de la majorité, chaque abeille couchée compte double et marque 2 points au lieu d'un seul pour une abeille debout. Le joueur majoritaire récupère alors toutes ses ouvrières d'un coup (sans avoir à effectuer l'action récupérer ses abeilles).
C'est une vraie question de timing et de ruse pour couper l'herbe sous le pied de ses adversaires et sécuriser les ressources indispensables avant qu'un autre ne construise le bâtiment que vous convoitez.
Les bâtiments ne sont pas de simples générateurs de ressources. Ils se combinent entre eux de manière très tactique pour le décompte final. Chaque structure va scorer en fonction de vos autres possessions (par exemple : 1 point par paire de bâtiments de type A). Il faut donc planifier ses constructions intelligemment, aller vite et créer le moteur de points le plus rentable possible. Heureusement, les tours de jeu s'enchaînent à toute vitesse et le jeu s'avère particulièrement fluide.
Côté matériel, l'édition est de très bonne facture. Les plateaux sont solides, les cartes épaisses et les petites abeilles en bois sont agréables à manipuler. Visuellement, le jeu propose des graphismes mignons, printaniers et très colorés. L'iconographie globale est limpide et s'assimile en seulement deux tours de jeu.
Quel dommage, en revanche, que les concepteurs aient opté pour une police d'écriture d'époque aussi illisible pour nommer les lettres des bâtiments. Si le style "vieilles lettres" est joli, il nuit franchement à la lisibilité et à la rapidité d'analyse autour de la table.
On saluera également la présence d'un mode solo bien calibré qui fonctionne à l'aide d'un paquet de cartes dédié où l'objectif est de battre son propre record et de compléter des défis.
Propolis est un jeu très sympa, fluide et agréable à pratiquer, mais qui souffre d'un sentiment de "déjà-vu" persistant. C'est du classique bien exécuté, mais qui ne parviendra pas à transcender les habitués du genre.
