En cinq ans, il s'en passe des choses dans la vie d'un site. Voici quelques anecdotes et infos longtemps gardées "secrètes" qui pourraient vous surprendre !
L'investissement matériel pas très "pro"
À voir une qualité d'image si incroyable, des angles de prises de vue si travaillées, vous vous dites certainement qu'en plus d'un talent artistique inégalé, le site profite de moyens techniques hors de commun. Et bah sachez en vrai que ... pas du tout !
Je dois l'avouer maintenant : L'ensemble des photos et vidéos sont réalisées depuis ... ma table basse du salon, via mon smartphone Android personnel, avec pour seuls artifices deux projecteurs Led basse / moyenne gamme achetés il y a deux ans (j'utilisais au départ un Kit de Softbox Amazon basique, sans aucun réglage d'intensité et de colorimétrie).
Je suis d'ailleurs tellement peu doué avec ce qui touche la lumière (c'est un métier, je m'en suis rendu compte à mes dépends), que la moins pire des façons que j'ai trouvé d'éclairer mes jeux, après bien sûr des heures de test, est de projeter mes lampes vers le plafond puis de procéder à des grosses retouches de mes clichés et vidéos en post-prod. On repassera pour le rendu à la Jeux en carton ou anciennement Kaelawen et Les Meeples (des références du secteur pour moi), mais en attendant de dilapider mon CPF dans des formations professionnelles, j'ai espoir que cela ne fasse pas trop tâche dans le paysage ludique français..
Bon j'ai quand même deux Tips à vous révéler. Primo, pour valoriser au mieux les photos du matériel et du graphisme des jeux testés, j'ai rapidement fais le choix d'investir dans une planche en bois mélaminé au revêtement blanc (achetée au Leroy Merlin du coin). Et pour les vidéos, pour avoir un angle en plongé idéal, j'utilise un bras que j'accroche ... au griffoir des chats ! (meilleur investissement de madame ever).
En vrai, la seule folie matérielle de l'histoire du site a été faite le jour où on a décidé de réaliser notre premier Live Twitch en direct. Pour ce jour là, si on avait pu s'appuyer sur deux de nos appareils photo assez qualitatifs pour faire de la vidéo HD, j'avais quand même du investir en amont dans quatre micros cravate, des boîtiers d'acquisition HDMI, une interface son externe, un support pour accrocher un appareil en zénithal (pour la vue du dessus de la table) et un petit boitier streamdeck.
Mais après avoir vu la galère que c'était de tout installer (le salon avait été complètement remodelé), avec un rendu pas forcément au rendez-vous, on a décidé de se tourner vers des lives par webcam interposées et table virtuelle bien plus pratiques à l'usage. En gardant tout ce matériel bien au chaud, pour le jour où l'on décide de se relancer dans un nouveau projet vidéo un peu fou !
Le site ... mort né !
Si vous connaissez la page Instagram depuis ses débuts, vous vous souvenez peut-être d'un post dans lequel je relatais un week-end jeux au chalet d'un Monde de Jeux. Mais ce que vous ne savez pas, c'est que si j'avais bien été invité pour jouer, j'y allais surtout pour présenter à l'équipe ... le nouveau site web de la chaîne !
Cette histoire un peu dingue commence un beau jour de l'an 3 de l'ère Macron (en 2020 quoi). Je suis tranquillement en train de profiter d'une vidéo de la chaîne d'Un Monde de Jeux (je la regardais beaucoup à l'époque) quand Martin Vidberg évoque le fait qu'ils auraient aimé avoir un site web mais n'ont pas les compétences en interne pour le développer. Cela me donne des idées, et après quelques semaines de réflexion, je me décide d'envoyer un mail en mode candidature spontanée, sans véritable espoir de retour.
Contre toute attente, je reçois une réponse très enthousiaste à l'idée, et un appel téléphonique plus tard, je me lance dans la réalisation d'une ébauche de site web avec un brief sommaire et surtout une totale liberté artistique, le "boss" me faisant totalement confiance (avoir déjà un site ludique, ça aide), et surtout n'ayant absolument aucune minute à lui pour s'impliquer au départ dans le projet.
Il aura fallu bien huit à neuf mois de développement, entre mon peu de temps libre (j'avais un métier et un site à gérer dans le même temps, pour rappel) et des allers-retours de validation très longs, pour accoucher d'une première version stable à présenter lors de ce fameux week-end jeu.
Tout semblait dès lors sur la bonne voie, avec un avis général récolté très positif et un semblant de planning pour la finalisation du site. Mais quelques semaines plus tard, je reçois un mail me disant qu'après concertation en interne, la charge de travail restante est bien trop importante pour eux à ce moment là de la vie d'UMDJ (il y avait notamment un gros travail d'indexation des vidéos existantes à faire). Et surtout qu'ils n'auraient jamais assez de temps à consacrer en interne pour le maintenir et l'abreuver de manière régulière.
Le projet est donc finalement annulé, avec forcément une petite pointe de déception (je croyais beaucoup à la pertinence du projet). Reste tout de même de mon côté la satisfaction d'avoir livré une base qualitative, d'avoir ajouté un petit projet rémunéré à mon CV (ils avaient insisté pour me donner une petite compensation), les bons souvenirs de ces deux jours dans le mythique chalet d'UMDJ, une première rencontre avec des personnes influentes du monde du jeu de société très enrichissante (dans le positif et négatif). Et quelques captures que je laisse ici pour la postérité ...
Nota : Si la structure des pages était à 99% définitive, les illustrations étaient des montages temporaires réalisés par moi-même qui auraient été remplacés par des créations originales de l'artiste maison.
La fin précipité d'un concept
Vous vous souvenez des portraits chinois ? C'est en tout cas l'une des choses dont je suis le plus fier en ces cinq ans de vie du site, car si le format n'avait absolument rien d'original sur la forme, il m'a permis de mettre un peu de lumière sur les créatifs derrière nos jeux préférés, dont on ne savait finalement pas grand chose en dehors de bios synthétiques et d'interviews assez classiques (en plus de me pousser un peu au cul pour aller vers les autres, moi éternel introverti à tendance misanthropique ...).
Je pensais en tout cas avoir fait le tour du concept fin 2023, après avoir sorti chaque semaine un article durant quatre mois non stop, et passer au crible en tout 18 auteurs et illustrateurs. Mais dès la nouvelle année, à quelques semaines de l'ouverture du festival de Cannes, il me vient l'idée de relancer le format en visant cette fois-ci les influenceuses qui faisaient l'actualité du jeu de société à ce moment. Et là commence les galères.
Je passerai toutes mes demandes qui n'ont jamais eu de retour, que ce soit volontairement ou non. Je comprends tout à fait qu'un vieux gars que tu n'as jamais vu de ta vie te sollicite pour un exercice bizarre, ça n'inspire pas confiance. Et si un refus polis aurait été plus courtois, et que j'aurai vraiment aimé interroger certaines personnes dont j'apprécie le travail, au moins c'est clair, pas besoin de s'acharner plus que de raison.
Les vrais désappointements sont venus de personnes qui t'annoncent avec un enthousiasme certain qu'elles acceptent de participer au projet (de visu ou à distance), te disent plusieurs fois être motivées à l'idée d'échanger avec toi, puis ne donnent plus signe de vie dans la dernière ligne droite, malgré de multiples relances. Quand tu as compris d'avance et que tu as des contacts "en suspend", on peut toujours se tourner vers une "solution de repli" dans l'urgence (car même si je prenais de l'avance, le matelas de sécurité se dégonfle vite avec une sortie tous les mercredis !). Mais quand la personne te plante le jour J de l'enregistrement à distance, c'est bien plus désespérant !
Et tout cela, c'était bien entendu avant le drame.
Tout avait pourtant bien commencé, avec un premier contact motivé, une confirmation d'horaire pour l'appel et un téléphone qui décroche au moment convenu. Mais là, l'interview se passe relativement mal, avec une personne au bout du fil qui émerge d'une nuit trop courte (on est en pleine après-midi), qui est d'humeur excessivement bougon, et qui explicitement te dit plusieurs fois qu'elle est saoulée de devoir répondre à mes questions.
On finit tout de même par mettre en boîte une interview intéressante (j'arrive tant bien que mal à dérider la situation à la demi-heure), et je me lance comme d'habitude dans une course contre la montre pour préparer le portrait chinois pour une diffusion sous dix jours (il fallait bien compter plusieurs heures entre la retranscription audio, la mise au propre et la création des montages photos, bien sûr tout ça sur du temps libre et la gestion du site au quotidien ...).
J'arrive finalement, 48h de la mise en ligne, à envoyer un lien de prévisualisation à l'intéressée, chose que je me suis toujours obligée à faire pour être certain de ne pas décevoir la personne qui se livre et a pris du temps pour moi. Et là, après un "je vais regarder", "j'aimerai modifier des choses", plus de nouvelles avant le vendredi suivant, et l'annonce d'un pépin physique.
Je comprends bien sûr, et je relance amicalement avec le fort espoir de le diffuser la semaine suivante. Vient alors plusieurs jours de silences radios entrecoupés de "j'ai pas eu le temps", "j'ai une vie compliquée", etc... Je laisse tomber au bout de trois semaines, et n'ai jamais eu de retours depuis (l'interview était prévue il y a 7 mois).
Bien sûr, il n'y a pas mort d'homme, je sais relativiser et je suis vite passé à autre chose, et comme c'était le dernier article programmé (j'étais rapidement passé de 8 espérés à 4), je pense que la fin brutale de l'édition spéciale n'a finalement pas choqué tant que cela. Mais pour que vous sachiez tout, j'ai à ce moment là abandonné l'idée de faire une édition masculine six mois après. Et pour être totalement honnête, c'est à ce moment là que j'ai pris la décision de ne plus jamais valoriser les influenceurs du milieu, sauf bien sûr ceux dont j'admire le travail et/ou pour des cas précis.
Reste que tout n'est pas noir dans l'histoire. Car si cette courte session m'a "bouffé" une énergie et un temps considérable, elle m'aura tout de même permis de découvrir slash rencontrer trois chouettes personnes du milieu (car il y en a plein, fort heureusement !) dont je vous invite à revoir ou découvrir les interviews !
Si j'étais Kariane Héroux Danis (Es-Tu Game ?)
Si j'étais Tatiana (Les P'tis Pitchs)
Si j'étais ... Polgara (Le Point de Polgara)