Après la Gen Con de cet été, c'est la 40ème édition du Spiel d'Essen (qui vient tout juste d'ouvrir ses portes) qui s'offre une grosse polémique, après avoir admis avoir utilisé l'intelligence artificielle pour générer les designs utilisés sur ses billets, affiches et application.
Interrogé par le site Boardgamewire, Merz Verlag, porte parole du salon, justifie la décision de l'organisation ... par une envie de vouloir tester les limites de la technologie !
"Comme pour toute nouvelle technologie, il existe un processus continu d'évaluation. La société et les lois doivent toujours s’adapter lorsque quelque chose de nouveau apparaît et entraîne des changements, et nous sommes également dans un processus continu pour déterminer la meilleure façon d’aborder le sujet en général. Nous expérimentons l’IA pour comprendre ses avantages mais aussi ses limites. La protection des droits des artistes est pour nous une priorité".
Que l'on y croit ou pas, cela ne passe pas auprès des fans et certains professionnels de jeu. Car il faut dire que cette avancée met en péril le travail de nombreux illustrateurs, qui mettent en garde depuis des mois sur les risques qu'encourt leur activité (vous pouvez consulter ici la page officielle de la CIL). Et ce n'est pas les récentes révélation de l'utilisation de l'IA par Captain Meeple (Path of Civilization), FryxGames et Stronghold Games (dernière extension de Terraforming Mars) qui va les rassurer.
Mais surtout, c'est le processus général qui agace les foules. Car il faut savoir que la société du Spiel a embauché en début d'année l'illustrateur Michael Menzel pour désigner une nouvelle mascotte. Et ce chaton à rayures jaunes et oranges, nommée Meeps suite à un concours public, en plus de tout l'art qu'a pu générer l'artiste derrière Andor, n'apparaissent finalement dans aucun matériel marketing et physique dédié à cette édition 2023 !
On pourra toujours se raccrocher au fait que "l’art créé par une personne créative sera toujours spécial et se démarquera. Partout où l’art est au centre de nos préoccupations, nous pensons qu’il est préférable de faire appel à des artistes" dixit Merz Verlag. Et que la technologie est encore loin d'être au point et maîtrisée pour s'assurer de remplacer l'humain, si on en juge l'écolière à 6 doigts ...