Les semaines s'enchaînent et les mauvaises nouvelles s'accumulent du côté du marché du jeu de société francophone. Si l'éditeur Ludonaute a décidé, durant l'été, d'officialiser l'arrêt de ses activités créatives pour des raisons éthiques, la situation est bien moins enviable du côté de Triton Noir, qui vient d'annoncer tout simplement... portes closes !
Thibaud de la Touanne, la tête pensante derrière la société montréalaise, s'est en effet fendu d'un long communiqué sur son site pour expliquer les causes de cette fermeture. Et la principale est avant tout économique.
Car après une première campagne réussie (V-Sabotage) sur laquelle Triton Noir n'a pas pu spéculer (à cause d'un défaut de paiement d'un distributeur français alors en difficulté), l'éditeur a connu un deuxième coup dur avec les hausses soudaines des coûts de livraison d'Assassin’s Creed: Brotherhood of Venice, engendrant au final des pertes à six chiffres.
Entre un "secteur du jeu fragile", un marché "devenu extrêmement concurrentiel", un vrai problème pour faire connaître "ses créations et les vendre", ... beaucoup de raisons ont fait que les étoiles n'ont jamais été assez alignées pour aider Triton Noir à survivre sur le long terme.
"La majorité de nos campagnes Kickstarter ont généré des résultats inférieurs à nos attentes. Cela s’est traduit par des volumes de production plus faibles, entraînant mécaniquement une hausse du coût unitaire de fabrication de nos jeux. Un des meilleurs exemples, c’est le coût de fabrication des boites de base d’Assassin’s Creed Brotherhood of Venice lors de notre deuxième campagne Kickstarter où le coût de fabrication de la boîte de base a quasiment doublé !".
Et si on en croit Thibaud de la Touanne, c'est le projet Gods Heist qui a définitivement sonné le glas des espoirs de la société.
"Notre cinquième campagne de financement, pour le jeu Gods Heist, s’est soldée par un échec. Elle n’a généré qu’un tiers du montant nécessaire dans notre scénario le plus pessimiste. Avec ce projet, nous avions l’ambition de créer un univers original, peut-être trop audacieux et nous avons sans doute échoué à bien communiquer sur ce qui différenciait ce projet de nos jeux précédents. Pourtant, nous avions beaucoup investi et le jeu était quasiment prêt à être imprimé, conformément aux pratiques de nombreux éditeurs aujourd’hui : l’ensemble des illustrations, des tuiles et des figurines était finalisé. Cet échec a marqué la fin de l’aventure Triton Noir".
Il est encore possible de retrouver les jeux de Triton Noir en France chez Philibert (lien affilié). Pour lire le communiqué complet, c'est par ici.