L’autre jour, sur le discord du dépuncheur, entre les débats existentiels sur « au fond, est-ce qu’on n’est pas tous un peu breton ? », EPO a demandé « vous attendez quoi [comme sorties ludiques] de votre côté ? ». Comme tout le monde je me suis d’abord demandé si j’avais vu des jeux passer sur les réseaux sociaux, méga hypés par des influenceurs ou des maisons d’édition, et que j’attendais avec hâte.
Puis je me suis demandé : depuis quand est-ce que je me suis mis à « attendre » un jeu ? Est-ce que, à l’époque, j’étais impatient de recevoir les « vieux » jeux de ma ludothèque dont je ne me pourrais jamais me séparer ?
Non, bien sûr que non, puisque le monde du jeu aujourd’hui ce n’est pas celui d’il y a 20 ans. Maintenant on le sait et on le lit partout, ce n’est plus « un marché de niche en plein essor », mais c’est devenu réellement un bien de consommation ordinaire. Je me souviens il y a plusieurs années les ambitions de quelques cercles d’édition et de distribution de ne pas reproduire les « erreurs » du capitalisme et du marché de consommation, de profiter de cette nouvelle montée en popularité pour penser le monde ludique autrement, en produisant localement, en réduisant les intermédiaires entre l’éditeurs, l’auteur (et illustrateur) et le joueur. Raté ! Et du coup pour vendre, on utilise des méthodes marketing bien rodées. On crée l’envie, on fait marcher les réseaux sociaux, on fait le buzz (ok, j’ai un vocabulaire de boomer et alors ?). Alors oui, c’est normal, dans ce contexte d’avoir des envies, des désirs, et de se laisser « influencer ». Je vous mentirais éhontément si j’affirmais ne pas cocher chaque jour qui me sépare de l’arrivée du Dilemme de la Reine.
Mais au final, est-ce qu’on n’est pas souvent déçu à force d’être trop hypé ? Est-ce qu’on n’efface pas la joie de découvrir par surprise un super jeu qu’on ignorait ? Je ne vais pas ressortir mes cours de philo de Terminale sur le désir, souvent plus excitant que l’objet du désir lui-même mais finalement j’ai constaté que les derniers jeux dont je suis devenu fan, j’étais tombé dessus sans aucune attente. L’excellentissime Orapa Mine m’a été pitché par Renaut et Valentin, mes deux magasiniers préférés, alors que j’arpentais sans ambition les rayons de leur échoppe. Je suis tombé sous le charme de Storyfold : Bois Sauvage par hasard, lors de ma dernière visite en boutique.
Bref, pour conclure ce billet trop long pour pas grand-chose, je vous encourage à vous laisser surprendre en vous éloignant des sentiers battus, vous y trouverez peut-être une pépite qui vous convient plus que ce kickstarter que vous attendez depuis 2 ans maintenant !
Et sinon toi, t’attends quoi ?